Luxation de rotule
Chirurgie d'une rupture ligamentaire du genou à Bordeaux-Bruges
Qu’est-ce qu’une luxation de rotule ?
La luxation de rotule correspond à la sortie complète de la rotule de la trochlée fémorale (la gouttière située à l’avant du fémur). Elle survient le plus souvent lors d’un traumatisme en torsion ou en flexion, notamment chez les sujets jeunes et sportifs.
Dans la majorité des cas, la rotule se remet en place spontanément ou avec l’aide d’un soignant. Cette luxation est généralement très douloureuse, avec un gonflement immédiat du genou.
Le risque majeur, à terme, est la récidive, surtout chez les patients jeunes ou présentant une anatomie favorisant cette instabilité (dysplasie trochléenne, patella haute, valgus, etc.).
Lorsque les luxations deviennent récurrentes ou qu’un premier épisode est sévère (avec arrachement osseux ou grosse instabilité), on peut alors proposer une prise en charge chirurgicale, notamment la reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (MPFL), qui est le principal stabilisateur de la rotule en extension.
Chirurgie d'une luxation de rotule à Bordeaux
Qu’est-ce que la ligamentoplastie du MPFL et pourquoi l’envisager ?
Le MPFL est un ligament qui relie la rotule à la face interne du fémur. Il empêche donc la rotule de partir vers l’extérieur. Lors d’une luxation, ce ligament est toujours déchiré ou distendu, ce qui favorise les récidives.
La ligamentoplastie du MPFL consiste à reconstruire ce ligament à l’aide d’un tendon prélevé sur le patient (souvent le tendon du droit interne ou gracilis), afin de stabiliser la rotule et éviter qu’elle ne se luxe à nouveau vers l’extérieur.
Cette chirurgie est indiquée principalement chez les patients jeunes ayant une instabilité rotulienne récidivante.
Quel est le bilan préopératoire avant une ligamentoplastie du MPFL ?
Le bilan repose sur plusieurs éléments :
- Radiographies standard des genoux (face, profil, défilé fémoro-patellaire à 30°) pour évaluer l’anatomie du genou et notamment la hauteur rotulienne
- Scanner ou IRM du genou, qui permettent d’évaluer les facteurs de risque de luxation comme la dysplasie trochléenne / rotulienne, la distance TA-TG (tubérosité tibiale antérieure – gorge trochléenne), et de vérifier l’état du cartilage.
Quelle est la durée d’hospitalisation pour une ligamentoplastie du MPFL ?
La reconstruction du MPFL est réalisée en ambulatoire, c’est-à-dire avec une sortie de la clinique le jour de l’intervention.
Le patient est levé le jour même par le kiné, qui commence les mobilisations passives et lui apprend à marcher avec les béquilles.
Quelles sont les suites opératoires après une ligamentoplastie du MPFL ?
L’appui est autorisé d’emblée, en général avec des cannes anglaises les premiers jours le temps que le genou puisse se verrouiller convenablement.
La rééducation commence rapidement, axée sur la récupération de l’extension complète, l’activation du quadriceps et le contrôle du mouvement de la rotule.
L’amplitude en flexion du genou est progressivement récupérée sur les premières semaines.
La reprise des activités sportives douces (vélo, natation) est généralement possible vers 6 à 8 semaines, et les sports plus sollicitants (pivot, course, sport collectif) vers 4 à 6 mois, selon l’évolution.
Quels sont les risques liés à une ligamentoplastie du MPFL ?
Comme toute chirurgie, il existe quelques risques potentiels, même s’ils sont rares :
- Infection, bien que le risque soit très faible, il n’est pas nul.
- Phlébite (prévention par anticoagulants),
- Raideur du genou si la rééducation est mal conduite ou trop prudente,
- Douleurs résiduelles ou gênes persistantes, très souvent en lien avec les lésions cartilagineuses
- Récidive d’instabilité, très rare après reconstruction du MPFL
- Algodystrophie, imprévisible, mais pouvant retarder la récupération.
Quels sont les résultats attendus après une ligamentoplastie du MPFL ?
Les résultats sont très encourageants: plus de 90 % des patients n’ont plus de luxation après la chirurgie, et retrouvent une vie normale avec un genou stable.
La rotule est bien recentrée, les douleurs s’améliorent progressivement, et les activités sportives sont généralement reprises de manière satisfaisante après quelques mois.
Il est important de noter que la stabilité est retrouvée.
La patience, l’implication dans la rééducation et le suivi régulier avec le chirurgien sont les clés pour un bon résultat.